La Gare du Nord, cas d’école pour la méthode Ville Arborée

Première gare d’Europe avec 700 000 voyageurs quotidiens, la Gare du Nord vient d’achever une transformation profonde de ses abords : 17 000 m² réaménagés pour donner la priorité aux piétons et aux mobilités douces, avec la plantation de 23 nouveaux arbres de haute tige, 845 m² de surfaces végétalisées en pleine terre, 28 bacs végétalisés sur le parvis Napoléon III, et 489 emplacements vélos.

Le parvis Napoléon III passe de 1 900 à 4 700 m² . Les sols imperméables ont été en partie remplacés par des dallages à joints perméables pour favoriser l’infiltration des eaux pluviales. Côté chantier, les matériaux ont été acheminés par barge fluviale.

Une barge de 250 tonnes remplace 50 camions, avec dix fois moins de nuisances sonores. Le transport fluvial émet aussi 4 à 20 fois moins de CO2 qu’un convoi équivalent réalisé en camions. Il est aussi 3 fois plus efficace sur le plan énergétique à distance comparable.

Ce projet transforme la gare la plus fréquentée d’Europe en un espace paysager qui améliore la santé publique à travers l’apaisement lié au verdissement. Il permet aussi la capture technique des polluants par des essences à faible risque allergisant, tout en intégrant le stockage des eaux à la source et la continuité écologique.

Notre contribution :

Afin d’objectiver l’impact carbone puis le dépôt du dossier de demande de labellisation. La Ville de Paris nous a mandatés pour réaliser un pré-audit selon la méthode Ville Arborée du Label Bas Carbone, afin d’objectiver les émissions séquestrées. Ce travail aboutit à un résultat de 45 tCO2e séquestrées.

Pour situer ce chiffre :

C’est l’équivalent de l’empreinte carbone annuelle d’environ 3 à 4 Français, ou encore ce que séquestre en une année une surface forestière d’environ 3 000 à 4 000 m² soit, pour rester dans l’échelle du projet, moins d’un dixième du parvis Napoléon III rénové. Ce chiffre, modeste, mérite d’être lu pour ce qu’il dit : dans un environnement urbain aussi dense, les capacités de séquestration locale sont structurellement limitées. C’est précisément pourquoi la contribution carbone urbaine ne peut pas fonctionner en vase clos et pourquoi notre portefeuille articule projets urbains, agricoles et forestiers à l’échelle d’un territoire plus grand.

Ce projet reste néanmoins un cas d’école :

Il documente les ordres de grandeur en carbone d’un aménagement public de ce type permettant de s’interroger sur la pertinence d’une labellisation LBC et d’une vente des crédits carbone associés. C’est également une donnée à mettre en perspective des autres bénéfices de ce projet (réduction des îlots de chaleur, gestion des eaux pluviales, biodiversité urbaine, espace apaisé…) qui, mesurés finement, pourraient permettre de structurer des crédits carbone « bonifiés », à haute valeur ajoutée.